jeudi 21 mai 2009

Un clown pour mémé


Au départ j’ai rigolé, j’ai cru à une blague, à un poisson d’avril en mai, mais c’était réel. Madame la ministre Marguerite Blais, veut engager des clowns pour visiter les aînés. Ridicule! Avec ses clowns j’ai non seulement l’impression que le gouvernement Charest rigole, mais rigole de nous et de nos aînés.

Depuis bon nombre d’années des organismes, des proches aidants réclament de l’aide financière au gouvernement. Aide qui leur permettrait de continuer à la prise en charge une personne dans le besoin. Cette aide leur est refusée et ce même si cette aide reviendrait moins cher au gouvernement que les coûts d’hospitalisation d’une personne en CHSLD. Je vous cite ici un article du journal Le Bel Âge « Faute de ressources financières dans la foulée du virage ambulatoire, le réseau de la santé a transféré de nombreuses responsabilités aux familles, selon Mario Tardif, porte-parole du Regroupement des aidantes et aidants naturels de Montréal. «Les aidants éprouvent souvent des difficultés à imposer leurs limites. S’ils refusent d’intervenir, certains craignent qu’il n’y ait personne pour le faire. Ils acceptent donc sans cesse de nouvelles responsabilités, et, conséquemment, plusieurs s’épuisent. »
http://www.lebelage.ca/aidants_naturels_prenez_soin_de_vous.php

Je vous invite aussi à prendre connaissance d’une entrevue qu’à donné Chloé Sainte-Marie à Cybersolidaire. http://cybersolidaires.typepad.com/ameriques/2007/01/post.html « Chloé : Je ne la connais pas. C’est un drôle de nom «compassion», c’est par «amour» que j’aide Gilles. Le gouvernement est poétique! (Après explications sur la prestation) … C’est un effort, mais c’est comme une carotte. On donne un petit peu pour nous faire taire. Une phase terminale peut durer six mois mais aussi un an ou deux ans. Le but ne devrait pas être d’aider une personne à mourir mais de l’aider à vivre. Je ne suis pas contre. On ne peut être contre une aide aussi minime soit-elle, mais c’est un peu «tordu». Si cela a aidé 5.000 personnes, c’est un début, mais c’est gênant de demander cela à un médecin (de signer un formulaire comme quoi la personne aidée devrait mourir en dedans de 26 semaines). À partir de là, on peut toujours améliorer la prestation qui existe. »

Elle parle ici d’une aide fédérale dans le programme d’assurance emploi qui se nomme « prestation de compensation ». Voici les critères pour y avoir droit : « Vous pouvez recevoir jusqu'à un maximum de 6 semaines de prestations de compassion si vous devez vous absenter de votre travail pour prodiguer des soins ou offrir un soutien à un membre de votre famille souffrant d'une maladie grave, qui risque de causer le décès dans un délai de 26 semaines. Si vous êtes sans travail et avez déjà présenté une demande d'a.-e., vous pouvez aussi demander ce genre de prestations.
Pour avoir droit aux prestations de compassion vous devez présenter une demande et démontrer que:
· votre rémunération hebdomadaire normale est réduite de plus de 40%; et
· vous avez accumulé 600 heures d'emploi assurable au cours des 52 dernières semaines, ou depuis le début de votre dernière période de prestations. Cette période s'appelle la
période de référence »
http://www.servicecanada.gc.ca/fra/ae/genres/prestations_compassion.shtml

Les proches aidants ont également droit à certains services du CLSC, mais ce n’est pas une panacée. On se plaint que dans notre société les gens ne prennent plus soin des aînés, mais on refuse d’aider ceux qui le font. On ne s’implique plus socialement. Plusieurs solutions seraient pourtant à portée de main. Nos aînés sont une ressource naturelle dont on oublie trop souvent les qualités. Dans nos écoles on apprend aux enfants, le français, les mathématique, l’éthique… pourquoi ne pas leur apprendre le plaisir, le bonheur de fréquenter, d’aider et d’apprendre d’une personne plus âgées ? Dans certaine civilisation, les aînés (anciens) lèguent leur apprentissage aux plus jeunes. Ici, dans notre course folle, on décide de les ignorer. Le plaisir de vivre n’étant pas justement d’être utile à son prochain. Est-ce qu’en vieillissant ce besoin deviens inutile ?

L’annonce de la Ministre Blais m’a fait froid dans le dos. Encore une fois on préfère infantiliser les personnes âgées. Déresponsabiliser la société, les régions, les villages, les familles. Encore une fois on préfère sortir les aînés de notre rythme de vie et les « parquer » dans les CHSLD où ainsi ils recevront de la belle petite visite clownesque. Pathétique…

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